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vendredi 3 mars 2023

La CGT propose une autre réforme du système des retraites

S’il n’y a pas de problème de financement aujourd’hui, c’est surtout parce que les différentes réformes depuis 1993 ont fait le « sale boulot » en limitant fortement les dépenses de retraites. L’équilibrage de notre système actuel repose, à terme, sur le décrochage du niveau de vie des retraités par rapport aux actifs, du fait de la désindexation des retraites sur les salaires. Concrètement, cela veut dire que les pensions sont amenées à diminuer par rapport aux salaires si l’on n’améliore pas le système, raison pour laquelle nous revendiquons justement son amélioration et certainement pas le statu quo !

Les ressources nécessaires pour financer nos propositions sur les retraites
Comme le gouvernement n’a jamais voulu augmenter les recettes, l’ajustement s’est fait sur les dépenses. 

À système constant, une forte dégradation du niveau de pensions des retraités est donc prévue. Pour l’éviter et assurer un niveau de retraite décent et un âge de départ convenable pour l’ensemble du monde du travail, nous proposons :


Ces propositions sont finançables à une condition simple : que les ressources du système de retraite augmentent.

Comment nous voulons le faire ? En augmentant la part de la valeur ajoutée qui revient au travail face au capital.

Rappelons que par rapport à 1982, la part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé de 8,7 points, soit l’équivalent de 112 milliards d’euros. Les points suivants de cette note détaillent les mesures de financement possibles pour notre système de retraite. Le constat est clair : financer un système de retraite de qualité, juste et solidaire est un choix politique ; ne pas le faire en est un également.

1. Hausse des salaires : une augmentation des ressources à court terme
À court terme, augmenter les salaires augmente les ressources L’augmentation des salaires est indispensable en soi, pour répondre aux besoins, pour préserver le pouvoir d'achat face à l'inflation, pour reconnaître les qualifications et pour garantir de bonnes retraites.

Concernant le financement des retraites, elle permet des cotisations supplémentaires à court terme. En revanche l'indexation des pensions sur les salaires que nous revendiquons, entraîne des dépenses supplémentaires pour éviter un décrochage du niveau de vie des retraités.

À court terme, dans le système actuel (sans indexation des pensions sur les salaires) cela représente par exemple : 9 milliards d’euros de cotisations supplémentaires pour la branche retraites pour une hausse des salaires de 
5 % dans le privé ; 1,25 milliard d’euros de cotisations retraites pour une hausse du point d’indice de 5 %.

Si le point d’indice avait suivi l’inflation depuis 2010, cela ferait 5 milliards d’euros de cotisations supplémentaires dans les conditions actuelles.

À moyen terme, les hausses de salaires augmentent les dépenses de retraite
Au fur et à mesure que les bénéficiaires de ces augmentations de salaires partent en retraite, des pensions plus élevées doivent être versées. Le montant des pensions dépend du salaire touché durant la carrière.

Les hausses de salaires seules ne suffisent donc pas à équilibrer le système que nous appelons de nos vœux.

2. La création d’emplois : un élément central pour le financement des retraites
Pour cela, le premier élément est le nécessaire développement de l’emploi public pour répondre aux besoins sociaux déjà identifiés (dans le secteur de la santé par exemple).

L’autre mesure importante est la réduction du temps de travail.
Augmenter l'emploi public augmente les recettes
La première réponse peut donc venir de l’emploi public :

100 000 emplois dans la Fonction publique hospitalière entraînent un surplus de cotisations de 1,5 milliard d’euros pour les retraites ;
100 000 emplois dans la Fonction publique territoriale entraînent un surplus de cotisations de 1,2 milliard d’euros pour les retraites.
Du côté de la Fonction publique d’État, elle ne génère pas de recettes supplémentaires puisque leur régime de retraite est par construction équilibré.

Réduction du temps de travail : l'arme de création massive d'emplois dans le privé
Comme nous l’avons déjà montré, la réduction du temps de travail est la politique de l’emploi la plus efficace :

100 000 emplois supplémentaires dans le secteur privé au salaire médian rapporteraient 800 millions d’euros de cotisations retraites ;
On estime à environ 1,7 million le nombre d’emplois privés qui pourraient être créés avec le passage aux 32 heures dans le privé, soit 13,6 milliards d’euros de cotisations retraites supplémentaires.
Qui dit baisse du chômage dit économies sur l’assurance chômage !
La baisse du chômage se traduira également en une baisse des dépenses d’assurance chômage. Se pose alors la question de l’affectation de ce surplus, que l’on fléchera en direction des retraites.

Le chiffrage en la matière est clair : 1 million d’emplois supplémentaires, c’est 10 milliards d’économies pour l’Unedic et pour l’État.

3. En finir avec les exonérations de cotisations 84 milliards d'euros d'exonérations dont 
18,4 milliards pour les retraites
Les exonérations de cotisations se chiffrent à près de 85 milliards d’euros pour 2023 dont 18,4 rien que pour la branche vieillesse.
Les exonérations de cotisations sont compensées pour l’essentiel : cela signifie qu’elles ne pèsent pas sur le budget des différentes branches de la Sécurité sociale mais sur celui de l'État. Concernant les 18,4 milliards d’euros d’exonérations de la branche vieillesse, 2,5 milliards d’euros ne sont pas compensés par l’État à la Sécurité sociale.

Autrement dit, les exonérations de cotisations vont coûter directement 2,5 milliards d’euros au système de retraite pour 2023. Pour les 15,9 autres milliards d’euros, c’est l’État qui subit une perte puisqu’il compense la perte pour la Sécurité sociale. C’est le principe de la loi Veil de 1994.

Comment utiliser ces fonds ? Un choix politique
Si on revient sur les exonérations de cotisations retraites c’est donc l’État qui va récupérer 15,9 milliards d’euros.

On peut se dire que l’État pourrait décider d’allouer ces 15,9 milliards d’euros au système de retraites. L’opération serait neutre pour l’État et le système de retraites aurait lui 15,9 milliards d’euros de recettes supplémentaires.

Cela pose néanmoins plusieurs questions :

Tout d’abord, on sort du principe de financement des retraites par la cotisation pour le financer via la fiscalité ;
Il y a un risque de déresponsabiliser les employeurs en faisant reposer le financement des retraites sur le contribuable plutôt que d’augmenter les cotisations sans perte de salaire, ce qui ferait payer directement les profits. Si l’État doit injecter ces milliards d’euros par an dans le système de retraites, c’est parce que les cotisations retraites sont insuffisantes. Or, c’est aux entreprises de payer ces cotisations. Cela ne veut évidemment pas dire qu’il faut maintenir les exonérations ! Cela pose simplement la question de l’utilisation de ces fonds. Cet argent économisé par l’État pourrait être investi dans nos services publics et financer l’embauche de fonctionnaires par exemple.

4. Mettre à contribution les revenus du capital
Mettre à contribution les revenus du capital et notamment les dividendes peut être une source de recettes importantes très rapidement du fait du poids de la rémunération du capital dans notre économie.

En 2021, les dividendes nets étaient de 50 milliards d’euros. Avec une cotisation à 28 % comme le taux de cotisations retraites sur les salaires, cela fait 14 milliards d’euros de recettes supplémentaires.

C’est un chiffre minoré car la comptabilisation des dividendes pose des problèmes du fait de l’opacité des montages financiers.

Cela peut-être une très bonne solution, notamment pour couvrir des déficits importants temporaires, liés à des évènements particuliers comme ce fut le cas avec la crise Covid.

De manière plus générale, nous souhaitons que les dividendes disparaissent ou au moins soient réduits à peau de chagrin. Difficile donc de faire reposer de manière pérenne le financement sur les dividendes. On pourrait aboutir à une situation paradoxale où nous aurions besoin d’une hausse des dividendes pour équilibrer le système de retraites !

Les dividendes sont issus de la part de la valeur ajoutée qui ne va pas au travail. Logiquement, si nous parvenons à imposer au capital des créations d’emplois via les 32 heures, des hausses de salaires et une hausse de l’investissement, les profits et les dividendes seront fortement réduits. L’essentiel est d’agir en amont, au niveau du partage de la valeur ajoutée, plutôt que de taxer et corriger en aval.

5. Élargir l’assiette des revenus soumis à cotisations
Aujourd’hui, les employeurs multiplient les modes de rémunération alternatifs (prime de partage de la valeur, intéressement, participation) pour ne pas s’engager sur le salaire de base et pour profiter de cotisations réduites, voire nulles !

Augmenter l’assiette des revenus soumis à cotisations salariés et employeurs (intéressement, participation, épargne salariale, épargne retraite) rapporterait 3 milliards de cotisations retraites supplémentaires et de 3 milliards de cotisations pour les autres branches, que l’on pourrait affecter aux retraites.

Il est aussi nécessaire de déplafonner les cotisations pour les salaires au-dessus de 27 500 euros par mois (8 plafonds de la Sécurité sociale), ce qui générerait 1 milliard d’euros de cotisations supplémentaires.

6. Augmenter les salaires et le taux de cotisation retraite : l’axe central de notre stratégie de financement
Gagner des hausses de salaire pour le salaire socialisé L’augmentation du taux de cotisations est également un élément de partage de la valeur ajoutée puisqu’elle vient en supplément (au moins en partie) du salaire brut. Notre objectif est d’augmenter le salaire socialisé des salariés.

L’augmentation du taux de cotisations a l’avantage de générer des recettes nouvelles immédiatement pour la retraite, sans que cela n’engendre aucune dépense supplémentaire pour le système.

À court terme, un déficit de 12 milliards peut être résorbé tout simplement avec une augmentation du taux de cotisations de 0,8 point :

Pour un Smic actuel, ça représente 7 euros par mois de cotisations salariales et 7 euros de cotisations patronales (si partage à 50/50) ;
Pour un Smic à 2 000 euros comme le revendique la CGT, cela représente 8,25 euros de cotisations salariales et 8,25 euros de cotisations employeurs ; Pour un salaire à 2 500 euros bruts, ça représente 10 euros par mois de cotisations salariales et 10 euros de cotisations patronales (si partage à 50/50). À moyen terme, augmenter le taux de cotisations retraites (tout en augmentant les salaires) de 2 points de cotisations représente 30 milliards d’euros de recettes.
À retenir : un point de cotisation c’est 15 milliards d’euros de recettes, soit 10 euros par tranche de 1 000 euros de revenus bruts.

Sans hausse des cotisations, place à la capitalisation
D’ores et déjà la dégradation du système de retraite se traduit par un supplément d’effort pour nombre de salariés via la retraite par capitalisation. La baisse ou le maintien de la part des dépenses du système de retraites dans le PIB est donc un leurre. Les besoins sont criants en matière de retraites, et c’est le privé qui prendra le relais si la réforme passe.

L’hypocrisie du gouvernement est telle qu’il subventionne indirectement l’épargne retraite puisque les montants versés sur un plan d’épargne retraite sont déductible du revenu.

Ainsi, quelqu’un qui a un revenu fiscal de 40 000 euros annuel et qui verse 4 500 euros sur un plan épargne retraite voit son impôt sur le revenu diminué de 1 500 euros. Les économies réalisées sur le système de retraites sont donc en partie compensées par des dépenses fiscales !

On aboutit à un système à deux vitesses entre celles et ceux qui peuvent épargner pour leur retraite et celles et ceux qui n’en ont pas les moyens. Cela montre que les Français sont prêts à cotiser davantage puisqu’ils y consacrent déjà des sommes importantes… via leur épargne ! Contre cette individualisation, la cotisation est ce qui permet de défendre un système collectif, juste et solidaire.

7. Mobiliser les excédents de la Sécurité sociale pour les retraites
Des marges de manœuvre avec la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades)
La Cades aura remboursé la « dette sociale » en 2033. Elle aurait dû s’éteindre en 2024, avant un transfert de dette de 136 milliards d’euros liés à la crise Covid. Les ressources qui sont accaparées par la Cades représentent environ 20 milliards d’euros par an.

On pourrait ainsi transformer la Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) et une part de la CSG en cotisations retraites, ce qui viendrait immédiatement abonder les caisses.

Des excédents à mobiliser pour les retraites
Contrairement à une idée répandue, la Sécurité sociale ne sera pas en déficit de 7 milliards d’euros en 2023, mais en excédent de 13 milliards d’euros une fois tenu compte du désendettement de 20 milliards d’euros. Même avec 12 milliards de déficit sur les retraites 2030, la Sécurité sociale prise dans son ensemble serait en excédent.

Si on tient compte des différentes mesures discutées dans cette note (augmentation de salaires, augmentation de l’emploi), ce sont des milliards d’euros d’excédents supplémentaires qui seront générés pour la Sécurité sociale, puisque les dépenses des autres branches de la Sécurité sociale ne dépendent pas du niveau des recettes. Ces excédents pourraient être utilement mobilisés pour nos retraites.

samedi 3 décembre 2022

Retraites à 65 ans : le gouvernement agresse les salarié.es

En matière de régression sociale, la Première ministre multiplie les provocations tant elle est impatiente de confirmer que le seul objectif de son gouvernement est de reculer l’âge de départ à la retraite à 65 ans.
Ainsi, elle annonce en même temps, par voie de presse, que dans la 6ème puissance mondiale, le gouvernement va couper l’électricité régulièrement cet hiver et qu’il n’y aurait plus d’argent pour les retraites.

De qui se moque E. Macron et le gouvernement alors que près de 160 milliards d’euros d’aides publiques sont déversées sans contrôle, ni contrepartie, principalement aux grosses entreprises.

Depuis des semaines, E Borne souffle le chaud et le froid, non pas sur le contenu de la réforme mais sur son calendrier.
Aujourd’hui, si quelqu’un en doutait encore, c’est chose faite, son projet est bouclé et sera livré comme un nouveau mauvais cadeau pour les fêtes de fin d’année.

Cette annonce n’est pas très sympathique pour son ministre du travail qui tente de maintenir la tenue de concertations sur les retraites jusqu’à la fin de la semaine prochaine et, ce, malgré l’opposition de tous les syndicats au report de l’âge légal tout comme à l’allongement des trimestres nécessaires pour une pension complète.

Elle n’est pas très sympathique, non plus, avec le grand ordonnateur des assises du travail, F. Bayrou, qui justement les inaugure aujourd’hui sur le thème du « dialogue social ».

Le mépris des salariés et de leurs représentants, ça suffit !

Pour la CGT, c’est évidemment inadmissible de continuer à parler de démocratie sociale dans ces conditions.
Encore une fois, c’est un gouvernement totalement déconnecté des préoccupations des Français mobilisés pour l’augmentation de leurs salaires et la revalorisation de leurs pensions de retraite. Rappelons que la population refuse à 80% tout allongement de l’âge de départ en retraite.

La CGT appelle l’ensemble du monde du travail, à préparer, dès maintenant, les mobilisations qui seront nécessaires pour faire échec à cette réforme et imposer une bonne retraite pour tous dès 60 ans.

Montreuil, le 2 décembre 2022

Version en ligne ➡️ ici 

mardi 12 avril 2022

Pas une voix du monde du travail pour l'extrême-droite

Publié le 12 avr 2022

 
Déclaration de direction confédérale CGT du 12 avril 2022

Les réalités de la vie des travailleuses et travailleurs de ce pays, des jeunes, des privé.es d’emploi, des retraité.es, ont émergé difficilement dans un débat politique qui a tourné en boucle autour des thèmes imposés par l’extrême droite.

La vie chère, les luttes et les mobilisations ont permis de parler salaires, pensions, emplois, conditions de travail.

La première préoccupation de la population est de savoir comment remplir le réfrigérateur, faire le plein de la voiture, trouver ou garder un emploi, se projeter vers l’avenir malgré la précarité et les conditions de travail difficiles.

Le taux d’abstention de 26 % du premier tour des élections présidentielles est inquiétant et révélateur de la difficulté pour une part importante de la population de penser que la vie quotidienne pourrait s’améliorer grâce à cette élection.

La situation est grave, en France l’extrême droite est aux portes de l’Elysée.

Le gouvernement et le président sortant portent une lourde responsabilité sur la perte de sens du débat politique et la banalisation des idées d’extrême droite.

Le mépris du président, des ministres et des élus de l’actuelle majorité, pour la population de ce pays, s’est manifesté tout au long du quinquennat, dans les paroles comme dans les actes.

Il est de notre responsabilité de dire que la politique de régression sociale, en soutien permanent du patronat, menée durant ce quinquennat comme ceux qui l’ont précédé, porte en conscience la responsabilité de la montée de l’extrême droite.

Malgré les applaudissements et les discours pompeux, le gouvernement a poursuivi la destruction des services publics alors que ceux-ci sont indispensables pour assurer l’égalité d’accès de toutes et tous à la santé, à l’éducation, à la culture.

Ils ont systématiquement défendu les intérêts des plus riches plutôt que le bien commun et la lutte contre le réchauffement climatique.

Ne pas répondre aux légitimes exigences sociales des salarié.es d’augmenter les salaires comme les pensions, ou encore s’entêter à maintenir le projet de retraites à 65 ans, serait lourd de conséquence.

Surfant sur les divisions et la désespérance sociale, l’extrême droite, à travers le score de la candidate Le Pen mais aussi de Zemmour et de Dupont-Aignan, a cumulé au 1er tour à plus de 32% des suffrages exprimés.

La CGT réaffirme que ces partis et leurs programmes vont à l’encontre de l’intérêt du monde du travail.

Au cours de l’histoire comme aujourd’hui dans de nombreux pays, les dirigeants se réclamant de cette idéologie, à l’image de Poutine, Bolsonaro, Orbàn, suppriment les libertés syndicales et démocratiques, cassent les garanties sociales, divisent les travailleurs et les travailleuses, brisent les solidarités.

Partout dans le monde, l’extrême droite, en focalisant son programme sur de fausses explications de la crise, exonère le patronat et les vrais responsables en trompant la légitime colère sociale de la population.

L’extrême droite raciste, antisémite et xénophobe est toujours la pire ennemie des travailleurs, des grèves et des syndicats.

Toujours discriminante, c’est aussi l’ennemie des droits des femmes, des LGBT, de toutes les libertés démocratiques et de la paix. Leur proposition de mise en place de la préférence nationale, renommée priorité nationale, instaurerait un régime de discrimination systémique dans le pays.

L’histoire le montre, il y a une différence de nature entre les partis républicains qui accèdent au pouvoir et le cèdent et l’extrême droite qui une fois arrivée au pouvoir le confisque.

A l’opposé, la CGT porte une histoire de luttes contre l’extrême droite et des valeurs universelles de solidarité, de fraternité, d’égalité entre les salariés, par-delà leur statut, leur origine, leur nationalité, leurs opinions philosophiques ou religieuses.

La CGT n’est pas propriétaire des voix de ses syndiqué.es. Notre organisation est indépendante mais pas neutre, elle porte une histoire et des valeurs collectives opposées de celles de l’extrême droite.

Pas une voix du monde du travail pour l’extrême droite, elle doit être combattue partout.

Avant comme après les élections, la CGT s’opposera aux reculs sociaux et construira avec les travailleurs et les travailleuses les luttes nécessaires à la défense de leurs intérêts.

D’ores et déjà, pour nos salaires, nos retraites et nos emplois, la CGT appelle l’ensemble des salarié.es et des organisations syndicales à faire du 1er mai une journée de mobilisation unitaire exceptionnelle pour porter ces revendications, une journée de rassemblement pour les droits des travailleurs et des travailleuses, le progrès social, la liberté, l’égalité, la justice, la fraternité, la paix, la démocratie et la solidarité internationale.

vendredi 8 avril 2022

Dimanche, nous irons voter...

 

Dimanche, j’irai voter, personne ne m’en empêchera, personne ne guidera ma main.
 
La démocratie est fragile, depuis trop longtemps limitée à de périlleuses tactiques pour gagner le blanc-seing d’une enveloppe glissée dans l’urne.
Mon vote aura la couleur de mes batailles, car la démocratie est, aussi, affaire de quotidien.
 
Mon vote aura la teinte des luttes contre les inégalités, les discriminations, contre le racisme.
 
Il se construit depuis des mois, des années, chaque jour dans des mobilisations contre la régression sociale et le repli sur soi. Il se cultive dans l’action de terrain, avec cette volonté de rassembler le plus grand nombre, dans cet entêtement à chercher à redonner confiance et à ouvrir de réelles perspectives.
 
Mon bulletin aura le goût de l’engagement permanent à transformer les légitimes coups de colère en construction collective de réponses aux attentes de changement.
 
Il sera animé de l’effort de conviction qu’il nous faut sans cesse produire pour ne pas renoncer à faire entendre la voix des travailleurs, de tous les travailleurs, tels qu’ils sont, là où ils sont.
 
Dimanche, nous irons voter… notre bulletin aura le goût de la CGT.
 

Dimanche, nous irons voter… notre bulletin aura le goût de la CGT.


jeudi 30 décembre 2021

Non au « Forfait Urgences »

 

La CGT lance une pétition contre la mise en place d’un forfait payant pour les passages aux urgences sans hospitalisation. Un disposition qui, dans un contexte de crise sanitaire et d’explosion de la pauvreté, marque un nouveau recul pour l’accès de tous aux soins.

Alors que toute notre attention est fixée sur la capacité de notre système de santé à absorber le choc de l’épidémie de coronavirus, la loi de financement de la Sécurité sociale de 2021(PLFSS) ce donne comme objectif de réaliser plus de 800 millions d’euros d'économie sur l’hôpital.

Une mesure punitive

Parmi les mesures préconisées, le gouvernement met en place, sans concertation, une « participation forfaitaire » pour chaque passage aux urgences dès lors que celui-ci ne serait pas suivi d'une hospitalisation. Ça mise en place va  impacter 80% des patients qui passent par les urgences. Il remplace l’actuel ticket modérateur laissant à la charge du patient 20 % du coût de ses soins qui seront pris en charge par la complémentaire de santé… enfin pour ceux qui en ont une.

Double peine

Pour les 5% de français qui n'ont pas de complémentaire santé (...  plus de 3 millions de français), cette décision risque d’aggraver un peu plus le renoncement aux soins. Compensant souvent les insuffisances de la médecine de ville, les urgences hospitalières étaient, jusqu’alors, la garantie d’être soigné quelques soient ses moyens. Cette disposition crée un nouvel obstacle à l’accès aux soins et rogne un peu plus sur le principe de solidarité de la Sécurité sociale.

Mauvaise réponse à un vrai problème

Les malades ne peuvent être rendus responsables du manque de médecins de ville ou de recours possibles à des soins de proximité qui les obligent à se rendre dans les services d’urgence. C’est pourquoi, pour la CGT « le gouvernement doit renoncer à la mise en place de ce scandaleux forfait urgence». C’est dans ce sens que la CGT a lancé une pétition contre la mise en place du “forfait urgences” à faire signer et à partager avec les salariés et les usagers.

 

Signez et faites signer la pétition "Non au forfait urgences"

lundi 27 décembre 2021

Vers une Sécu plus étendue ?

 

Étendre les frais médicaux couverts par l'assurance maladie obligatoire et supprimer les complémentaires santé : c'est l'un des scénarios proposés par le Haut Conseil à l'avenir de l'assurance-maladie.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a demandé au Haut Conseil à l'avenir de l'assurance-maladie (HCAAM) d'envisager des évolutions possibles de la Sécurité Sociale.

Cette instance consultative, dont fait partie la CGT, a rendu un rapport qui contient quatre scénarios possibles. L'un d'entre eux, le plus détaillé et le plus commenté, examine la possibilité d'une extension des soins pris en charge par l'assurance maladie.

Ce que l'on appelle le projet de « Grande Sécu » fusionnerait la Sécurité sociale et les complémentaires santé.

Actuellement, en France, nos dépenses de santé sont prises en charge de deux façons différentes :

  • par le régime de base de la Sécurité sociale (environ 80 % des dépenses)
  • et par trois types d'organismes complémentaires de santé : mutuelles, assureurs et organismes de prévoyance.

Le rapport du HCAAM précise que le scénario de réforme de « Grande Sécu » « conduirait les finances publiques à prendre en charge 22,4 milliards d’euros » pour l'instant assumés par les patients ou par leur complémentaire santé.

Pour Pierre-Yves Chanu, représentant de la CGT au sein du Haut Conseil, la revendication syndicale de « Sécurité sociale intégrale » a pesé sur les travaux mais il reste encore un certain nombre de points à éclaircir.

Quelle sera l'ampleur de la prise en charge à 100 % ?

Le scénario du HCAAM prône un remboursement intégral des frais dentaires, optiques et des prothèses auditives. « Mais qu'en est-il des dépassements d'honoraires ? » demande Pierre-Yves Chanu, rappelant que la CGT défend une transformation profonde du système de santé, remet en cause la médecine libérale et prône notamment le développement de centres de santé de proximité avec des médecins salariés.

Par ailleurs, le rapport indique que les soins pris en charge seraient amenés à évoluer. Certains médicaments pourraient entrer et sortir de cette liste. Selon ce rapport, il conviendrait « d'accroître les exigences de régulation des dépenses de santé par l'Assurance Maladie Obligatoire, dans un double objectif de maîtrise des dépenses de santé et d'accès aux soins en supprimant la possibilité de se défausser sur l'Assurance Maladie Complémentaire. »

La CGT défend un périmètre de soin large, fondé sur un principe : tout ce qui contribue aux soins doit être remboursé.

Comment trouver les 22,4 milliards d'euros nécessaires ?

Pour la CGT, les ressources actuellement affectées au financement de la Sécurité sociale sont insuffisantes. Cette insuffisance s’explique avant tout par l’insuffisance des salaires, le niveau de chômage et les exonérations massives de cotisations sociales.

Il conviendrait donc d'établir une logique qui pénalise les investissements financiers au profit d’investissements productifs.

Enfin, la Sécurité sociale doit relever de la démocratie sociale et être placée sous la responsabilité de représentants élus des assurés sociaux.

Des règles de fonctionnement démocratiques doivent être élaborées. Elles seules permettront de répondre aux besoins de la population dans son ensemble.

Article originial sur le site de la CGT

samedi 23 octobre 2021

Et si on parlait plutôt augmentation de salaire

100 balles et un mars, expression populaire qui résume assez bien le message du gouvernement.
 
100 euros une fois, pas pour tout le monde, pour tenter d’étouffer le trop-plein de colère des Français face à la baisse de leur pouvoir d’achat.
 
Une barre chocolatée pour améliorer l’ordinaire à noël… c’est leur petit coté humain. Il ne fait aucun doute que la visite de Castex à Rome l’aura inspiré.
 
La somme n’est, pourtant, pas symbolique.
 
Pour un grand nombre d’entre nous, c’est presque l’augmentation qu’il faudrait à notre salaire tous les mois pour tout simplement vivre.
 
Augmenter les salaires, voilà bien la question que gouvernement et patronat veulent à tout prix éluder.
 
Jusque là, ils avaient réussi à confisquer le sujet en usant du chantage sur l’emploi, de la compétitivité, du “coût du travail”, de l’inflation...
 
Aujourd’hui encore, tous les arguments sont mobilisés pour éviter d’en parler.
Car ouvrir le débat sur les salaires, c’est s’interroger collectivement sur l’utilisation des richesses créées.
C’est aller chercher de vraies solutions et pas se contenter d’un chèque cadeau.
 
Il reste que la question enfle dans toutes les têtes.
Pour preuve : le nombre de luttes qui s’engagent sur la question des salaires.
 
Dans les entreprises où les salariés s’emparent du sujet, les directions sont contraintes de lâcher du lest. Un signe encourageant pour tous les autres.
 
Un point d’appui pour aller chercher partout des augmentations de salaire maintenant !



jeudi 21 octobre 2021

Lancement de l'enquête sur les métiers du lien et du soin

Dans le cadre de sa campagne « Investir dans le secteur du soin et du lien aux autres et revaloriser les métiers féminisés », la CGT lance une vaste consultation auprès de 14 professions du secteur du soin et du lien.
Syndiqué·es ou non, les professionnel·les concerné·es sont appelé·es à répondre à un questionnaire en ligne.

Avec un financement de l’Institut de recherches économique et social, une équipe de recherche animée par Rachel Silvera a établi une liste de métiers « applaudis pendant le confinement, oubliés depuis ».

Il s'agit des métiers suivants :

- accompagnant·e des élèves en situation de handicap (ou AVS),
- aide-soignant·e,
- agent·e d’entretien ou agent·e des services hospitaliers,
- agent·e territorial·le des écoles maternelles (ATSEM),
- aide à domicile ou auxiliaire de vie,
- assistant·e familial·e,
- assistant·e maternel·le,
- assistant·e des services sociaux,
- auxiliaire de puériculture,
- éducateur·trice de jeunes enfants,
- éducateur·trice spécialisé·e,
- infirmier·e,
- professeur·e des écoles,
- sage-femme. 

« Toutes ces professions ont en commun de s'occuper de nos vies. De la petite enfance jusqu'à la perte d'autonomie, on couvre tous les besoins vitaux. » commente Rachel Silvera, maîtresse de conférence à l'université Paris Nanterre, codirectrice du réseau MAGE, membre du collectif confédéral Femmes Mixité.


Le but de cette consultation est de connaître précisément le contenu du travail réalisé.

Elle commence par des questions sur le diplôme et l'expérience, demandant notamment aux répondant·es d'évaluer le temps nécessaire pour être opérationnel·le dans leur métier.

Des questions permettront aussi de cerner le degré d'autonomie et de responsabilité, mais aussi les contraintes dans le temps de travail et la pénibilité de chacune de ces 14 professions.

Les répondant·es sont ensuite invité·es à parler de leur rémunération et de leurs propositions pour revaloriser ces métiers.

Si ces emplois occupés majoritairement par des femmes sont dévalorisés, c'est parce qu'on considère qu'ils feraient appel à des compétences « naturelles » pour elles et non à de véritables qualifications. Mais, selon une maxime en vigueur au Canada que cite Rachel Silvera : « une gardienne d'enfants vaut bien un gardien de zoo. »