mercredi 4 mars 2026
jeudi 30 mai 2024
mercredi 3 avril 2024
Préparation du 4 avril dans les Hautes-Pyrénées
"Ce sont surtout les usagers et la population qui pâtissent de ce manque de moyens, avec de plus en plus de jeunes qui sont sur liste d’attente des établissements médico-sociaux. Certains parents sont obligés de trouver des solutions en Belgique ou aux Pays-Bas pour leurs enfants en situation de handicap" explique Stéphane Balanche, secrétaire général CGT à l’ANRAS. L’intersyndicale appelle à un rassemblement devant la permanence du député Benoît Mournet, ce jeudi 4 avril à 15 heures.
vendredi 20 octobre 2023
mardi 27 juin 2023
Reportage sur la pétition des "183€ pour toutes et tous !"
Nos camarades de l'USD CGT de la Santé et Action Sociale de la Haute-Garonne ont sorti leur nouveau journal, et nous sommes fières et fiers d'y retrouver nos camarades de Pargaminière et de l'APF qui expliquent l'injustices dont sont victimes les exclu.es du Ségur, et la pétition que nous avons lancé début juin.
lundi 22 mai 2023
Les enfants placés, poule aux oeufs d’or des agences d’intérim
Un article édifiant de Médiapart
Depuis 2021, une agence d’intérim, Domino Assist’m,a fait effraction dans le monde de la protection del’enfance. Cette entreprise privée remporte sespremiers marchés et compte faire de l’accueil desenfants placés une nouvelle source de profits.
De ses missions d’intérim, Philippe (*) a retenu cetteconsigne que lui aurait donnée l’un de sesmanagers :
« On n’est pas là pour faire de la pédagogie. Onest là pour encadrer, surveiller et faire en sorte qu’il sepasse rien. » Sans qualification, doté d’une « petite expérience équivalente à un Bafa », il a joué le rôle d’éducateur dans une maison d’enfants à caractère social (MECS), qui accueillait 40 mineur·es confié·es à l’aidesociale à l’enfance (ASE) dans le département du Calvados.
La structure a fermé ses portes le 23 mars dernier,signant la fin d’une incursion inédite du privé dans la protection de l’enfance. Créé « à titre expérimental », selon la convention encadrant son fonctionnement, cet établissement « éphémère » était géré depuis deux ans par une agence d’intérim : Domino Assist’m, filiale du groupe Domino RH. Une première en France.Jusqu’à présent, les agences d’intérim se contentaient, la plupart du temps, de mettre à disposition du personnel auprès d’associations de protection de l’enfance agréées. Dans d’autres cas, plus rares, les agences pouvaient prendre en charge quelques mineur·es dans des chambres d’hôtel ou des appartements. Jamais le privé n’avait été chargé de gérer un foyer.
« Turnover incessant », personnel diplômé « largement minoritaire », contrats « reconduits de semaine en semaine » ... Les documents consultés par Mediapart détaillent la gestion défaillante de cette MECS, montée à la hâte par un opérateur dans un but lucratif.
À l’origine se trouve un marché de dupes conclu par le département du Calvados et le groupe Domino RH. Au sortir des premiers confinements, la collectivité fait face à « un afflux d’enfants placés que l’on ne pouvait même pas imaginer », raconte Marie-Christine Quertier, élue (Horizons) en charge de la protection de l’enfance (une mission confiée en France aux départements). Le nombre de décisions de placement prononcées par la justice en décembre 2020 est multiplié par 4 par rapport à l’année passée. Des dizaines d’enfants en danger sont laissé·es dans leur famille, faute de places.
Au printemps 2021, la collectivité signe dans l’urgence avec l’association Domino Assist’m ASE, une coquille vide créée un mois plus tôt, présidée par Manaf El Hebil, le directeur des opérations de l’agence d’intérim, sans locaux ni personnel dans le Calvados. Elle s’engage àrecueillir les premiers enfants une poignée de jours plustard, avec une « montée en charge progressivegarantissant un accueil total de 40 jeunes » d’ici le moisde juin. « On a atterri dans un gîte, on a nous a dit que c’étaitprovisoire, heureusement car c’était insalubre », raconte une éducatrice. Humidité, murs troués, rambarde cassée,extincteur vide, toilettes bouchées… Contacté, le président de Domino Assist’m ASE pointe «
la difficultéde trouver du foncier dans le Calvados ». Mais « aucun hébergement n’a été choisi sans l’aval du département »,précise Manaf El Hebil
Les éducs prennent la fuite
Le profil de certain·es mineur·es accueilli·es réserve parailleurs quelques surprises aux intérimaires de Domino. « Le public type MECS, c’est des enfants plutôt tranquilles, qui sont scolarisés, qui ont un projet, qui sont là sur le longt erme, explique une éducatrice. Là, c’était très mélangé avec des enfants très violents, qui souffraient de troubles psychiatriques. » Six professionnel·les plient bagage du jour au lendemain. Une intersyndicale organise une manifestation pour lancer l’alerte. L’établissement fait peau neuve, et une « équipe socle » de personnels sestabilise à partir de l’automne 2021.
Mais très vite, un système pernicieux s’installe. Alors qu’elle n’en a pas les moyens, l’agence d’intérim s’engage à assurer un "accueil inconditionnel" : peu importe les traumatismes des mineur·es – passage à l’acte violent, automutilation, problématiques sexuelles, etc. –, tous les profils ont leur place à la MECS. Un rapport d’inspection, daté de mai 2022, le confirme : « Neuf adolescents sonttotalement déscolarisés.
[…] Ceux-ci présentent trèsmajoritairement un profil auto et/ou hétéro agressif et ceavant même leur admission. »
La prise en charge de ces « profils complexes » par les collectivités représente un gouffre financier. Comptez, au minimum, 500 à 600 euros par jour et par enfant dans une petite structure de six à dix places. La facture peut grimper à plus de 1 000 euros par jour pour les jeunes les plus fragiles, gardé·es 24 heures sur 24 par des professionnel·les dans un appartement ou un hôtel. Rien à voir avec le prix de journée pratiqué à la MECS éphémère : 173 euros par jour et par enfant, soit trois à cinq fois moins cher qu’une place dans une structuredédiée à ces mineur·es polytraumatisé·es.
Cet accueil low cost « n’était financièrement pastenable », admet Manaf El Hebil. En interne, le présidentde Domino Assist’m ASE fait cependant passer uneconsigne, nous raconte-il : « On y va. Cette MECS, c’estune première, il faut y mettre le paquet. » Son association naissante cherche à s’imposer coûte que coûte comme unpartenaire du département. « L’important, pour nous, c’est de structurer une activité pour répondre à un besoin [de la collectivité], détaille-t-il à Mediapart. On verra laproblématique économique dans un deuxième temps. »
Un accueil low cost
Seulement, cette stratégie n’est pas sans conséquence sur les enfants accueillis à la MECS éphémère. «
La présence éducative n’est pas suffisante pour garantir une prise en charge éducative attendue d’une maison d’enfants à caractère social », note le rapport d’inspection que Mediapart s’est procuré. « De tels effectifs permettent unesurveillance, sous réserve d’un minimum de coopérationdes jeunes, mais pas un travail d’accompagnement éducatif personnalisé. » Par ailleurs, seuls « trois éducateurs » sont diplômés sur les « vingt-cinqintervenants éducatifs ».
De même, lorsque Domino Assist’m décide d’installerdeux jeunes dans des logements en dehors de la MECS « suite à des violences graves au sein de l’établissement »,un contrôle inopiné relève, en juillet 2022, des conditions d’accueil « indignes et incompatibles avec leur statut demineurs faisant l’objet d’une mesure de protection de l’enfance ». Mais, faute de places, le conseil départemental renouvellera la convention de DominoAssist’m jusqu’en mars 2023.
Contacté, le département du Calvados insiste, comme de nombreuses collectivités, sur le fait qu’une partie de ces « cas complexes » devrait être accueillie en pédopsychiatrie, services relevant de l’État. Or, là aussi, les places manquent cruellement, relève un récent rapport de la Cour des comptes.Selon le conseil départemental du Calvados, cepartenariat inédit avec une agence d’intérim aurait alorsrépondu à une nécessité absolue : « créer des places dansl’urgence ». « Nos opérateurs habituels demandaient desdélais extrêmement longs. Il nous aurait fallu attendre aumoins un an », avance la présidente de la commissionenfance, Marie-Christine Quertier. Confrontée auxnombreux griefs formulés à l’encontre de Domino dansles rapports d’inspection, l’élue finit par s’emporter : « Que voulez-vous que je vous dise ? Que cet établissement n’était pas la panacée ? Il n’y a pas de solution magique. »
« On ne peut pas s’émouvoir d’un côté qu’il existe des listes d’attente et de l’autre que des solutions soient trouvées rapidement », s’agace-t-elle, en écho aux enfants en danger laissés au domicile malgré une décision deplacement prise par la justice.
Les chiffres du département montrent cependant que le recours à un opérateur privé n’a pas suffi à résorber la liste des enfants en attente de placement. Ils étaient 51 à l’ouverture de la MECS éphémère de Domino en mars 2021. Le département en dénombrait 63 en février dernier.
«Apporter une solution éphémère de 40 places à un déficitstructurel de 100 places, c’est absurde
», dénonce Aurélien Syren, délégué syndical CGT au sein d’une association de protection de l’enfance du Calvados. « D’autant que le département a accepté de faire le jeu d’un opérateur privé qui essaie de faire du profit dans un secteur où personne n’en faisait jusque-là.»« Il est inquiétant que des collectivités puissent à ce pointminimiser les conséquences de l’entrée d’un acteur dusecteur marchand dans la protection de l’enfance » ,déplore aussi Cyril Durand, membre du bureau deNexem, principale organisation des employeurs dumédico-social. « Le fait que Domino se contente pour lemoment de maigres bénéfices devrait interroger lespouvoirs publics, parce que ça ne durera pas éternellement.Une fois installés, ils seront en capacité de dégager duprofit sur la précarité des enfants. »
La gestion de Domino jugée « satisfaisante » malgré toutEn réponse, le président de Domino Assist’m ASE, ManafEl Hebil, met en avant l’« agilité » de son système : « Quelle association peut se prévaloir de monter unestructure en quinze jours ? »
De fait, malgré les remous suscités par cette effraction du privé dans la protection de l’enfance, la stratégie de Domino Assist’m commence à payer. En juin 2021, l’agence d’intérim signe une convention avec le département de la Mayenne pour l’ouverture d’une nouvelle MECS éphémère. Une ex-intérimaire, qui y a travaillé en pointillé entre l’automne 2021 et mars 2022,se souvient de son sentiment d’être « en roue libre » : « Je me suis retrouvée dans un appartement avec un enfant que je ne connaissais pas : ses pathologies, s’il était sous traitement, son parcours de vie… Zéro information, il fallait que je me démerde », lâche-t-elle, toujours effaréepar ses conditions de travail. « J’ai juste l’impression qu’ona mis ces gamins là pour s’en débarrasser. »
Une mission d’information conduite par des élu·es de la Mayenne relève le manque de qualification de l’équipe éducative (48 % de non-diplômés) et le turn over induit par le recours à des contrats de une semaine. « Ce dispositif permet certes une prise en charge en continu desjeunes et de soulager les foyers ou familles d’accueil mis enéchec antérieurement, estime le rapport consulté par Mediapart. Pour autant, il ne permet pas de prendre enconsidération les réelles problématiques de ces enfants quiont besoin d’un cadre éducatif et social (compétence départementale) et d’une prise en charge médicale (compétence de l’ARS) plus soutenus. »
Malgré tout, la situation des enfants accueilli·es à la MECS est jugée « satisfaisante », révélant au passage les faibles standards du travail social. La convention entre Domino et le département a ainsi été reconduite jusqu’en juin prochain. Un fin connaisseur du secteur l’admet, après lecture des rapports : « C’est globalement moins catastrophique qu’onaurait pu l’imaginer. Les difficultés observées chez Domino jalonnent le quotidien des établissements de protection del’enfance. »
Confrontée à la perte d’attractivité du travail social, de nombreuses associations engagent en effet du personnel non qualifié, y compris dans les structures qui accueillent des enfants au profil complexe.
La misère des enfants fait la fortune du privé
« Ce déficit de formation initiale aux besoins de l’enfant età ses droits peut conduire à une mise en danger de l’enfant », pointait un rapport d’information de l’Assembléenationale dès 2019. Mais une
étude récente montre que le recours à l’intérim, quoique décrié, s’est banalisé : 49 %des établissements interrogés déclarent y faire appel. Letout faisant la fortune des entreprises spécialisées dansle travail temporaire.À croire que, pour certains départements, DominoAssist’m serait à la fois le problème et la solution. Parexemple, la Saône-et-Loire avait recours à l’agence d’intérim pour le suivi de quatre jeunes, des « cascomplexes » – une prestation « négociée sans mise en concurrence » de 402 148 euros hors taxe. « L’objectif » affiché en 2021 par la collectivité était « de sortir de cetteprise en charge Domino ».
La collectivité a alors lancé une série d’appels à projets, notamment pour « un dispositif expérimental d’accueilatypique de 8 places pour des mineurs âgés de 13 à 18 ansprésentant des problématiques spécifiques ». Seule en lice, Domino Assist’m ASE a remporté le lot en octobre 2022. Menaf El Hebil nous confie que le prix de la journée « tourne autour de 260-270 euros », soit près de 100 000 euros par an et par jeune, conformément au cahier des Plenelcharges de la collectivité. Un tarif largement inférieur àceux pratiqués dans d’autres structures dédiées à des enfants polytraumatisés.
L’agence s’était même portée candidate pour un autreprojet identique et, là encore, se trouvait seule en compétition. Son dossier a cette fois été rejeté par le département car il ne prenait pas « suffisamment en compte le volume supplémentaire que constituel’attribution de plusieurs lots ». Dans sa décision, lacollectivité indique qu’elle préfère « laisser [à Domino] le temps de s’implanter dans le Département et de construireles partenariats nécessaires à l’accueil de profils atypiques », avant de lui accorder d’éventuelles nouvelles attributions.Interrogé à propos de son choix de confier unétablissement de protection de l’enfance à une entrepriseprivée, le conseil départemental de Saône-et-Loire n’ajamais répondu à nos sollicitations, malgré nosnombreuses relances. L’établissement a ouvert ses portes en février 2023.
Hugo Lemonier
mardi 16 mai 2023
Non à la tarification à l’activité dans le médico-social !
Sept députés publient un texte pour dénoncer la réforme SERAFIN-PH, largement inspirée de la tarification à l’acte de l’hôpital public et qui va dégrader profondément le service public d’accompagnement des personnes en situation de handicap.La réforme SERAFIN-PH (Services et Établissements : Réforme pour une Adéquation des Financements aux Parcours des personnes Handicapées), qui est actuellement expérimentée dans le secteur médico-social, va dégrader profondément le service public d’accompagnement des personnes en situation de handicap. Les professionnel.les des structures concernées tirent la sonnette d’alarme sur cette tarification à l’activité qui ne dit pas son nom et déshumanise le travail social.
SERAFIN-PH est, en effet, largement inspiré de la T2A qui a contribué aux graves crises que connaît l’hôpital public depuis bientôt vingt ans. Ce système attribue une valeur à chaque acte. L’établissement est financé en fonction d’une liste de tâches réalisées par les salarié.es : certaines étant plus rentables que d’autres.
L’intégrer au service public d’accompagnement des personnes en situation de handicap constitue une double menace. Pour les personnels, exposés à des mesures d’économies ou des exigences de rendements qui vont voir leurs conditions de travail se dégrader. Pour les usagers, dont la qualité de l’accompagnement dépendra de choix bureaucratiques dans la classification des actes.
Comment le gouvernement compte-t-il mettre en place ce dispositif ? La Caisse Nationale pour la Solidarité et l’Autonomie (CNSA) a dressé une liste de 25 « besoins » et d’une cinquantaine de « prestations », auxquels devront correspondre tous les actes accomplis par les professionnel.les.
Ce projet est actuellement en phase d’expérimentation dans 10 % des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESMS). Sa généralisation est prévue pour 2025. Cette vision de l’accompagnement, comme une série d’actes isolés les uns des autres, ignore la nécessaire dimension globale de la prise en charge des personnes.
Cela donne l’illusion que cette dernière peut se réduire à une addition d’actes techniques, comme pour réparer une machine défectueuse. Il suffirait de trouver le bon mode d’emploi, à chaque besoin correspondrait une « prestation ». Ce serait à la personne de s’adapter à l’institution et non l’inverse.
Sous couvert de « personnalisation », SERAFIN-PH standardise donc les accompagnements. Les saisies informatiques déshumanisantes génèrent d’importants risques psychosociaux, chez les salarié.es. Cette démarche accroît le contrôle sur leur travail, ils et elles doivent rendre compte de chacun de leurs actes à la minute et de façon chronométrée. Décliner les métiers en succession de tâches donne aux directions le pouvoir de formuler des exigences de productivité. De ce fait, elles deviennent encore davantage les « courroies de transmission » des autorités tarificatrices.
Simultanément à cette tentative de mise au pas, il semble que nous soyons en train d’assister à une libéralisation à marche forcée du secteur médico-social. SERAFIN-PH facilite le recours à des prestataires privés. Les services rentables seront externalisés, le reste – ce que le privé ne souhaite pas faire – demeurera dans un secteur public ou associatif dégradé. Nous connaissons cette logique avec l’hôpital. Aucune économie à la clé, au contraire : à la fin, chacun pour soi, et des dépenses privées qui explosent.
Enfin, toute cette démarche est absurde puisque le 6 janvier dernier, Emmanuel Macron a annoncé dans ses voeux aux soignant.es sa volonté de mettre fin à la tarification à l’activité. Ce qui est mauvais pour les hôpitaux serait devenu bon pour le médico-social ?
Un seul moyen d’améliorer le service rendu au public et les conditions de travail des salarié·e·s : un financement récurrent, selon le nombre de bénéficiaires et la nature des projets locaux. Cette amélioration passe aussi par la mise en œuvre de politiques ambitieuses en investissant dans la formation et en agissant sur la société (accessibilité de l’école, des logements, du milieu professionnel, des lieux culturels…).
Le dispositif SERAFIN-PH y fait obstacle. Archaïque et dangereux, son abandon n’est pas négociable.
Signataires
Hendrik Davi, député LFI.
Hadrien Clouet, député LFI.
Marianne Maximi, députée LFI.
François Ruffin, député LFI.
Jérôme Guedj, député PS.
Arthur Delaporte, député PS.
Sophie-Taillé Polian, députée Génération.s
Hendrik Davi, député LFI.
Hadrien Clouet, député LFI.
Marianne Maximi, députée LFI.
François Ruffin, député LFI.
Jérôme Guedj, député PS.
Arthur Delaporte, député PS.
Sophie-Taillé Polian, députée Génération.s
mercredi 5 avril 2023
"Quand l’Anras s’affranchit des règles d’urbanisme à Pin-Balma"
La protection de l’enfance permet-elle de s’affranchir des règles élémentaires d’urbanisme ? Pour l’Anras, oui ! L'association nationale de recherche et d’action solidaire a ouvert, fin 2022, un centre éducatif et professionnel – le CEP Garonna – à Pin-Balma pour favoriser l’insertion professionnelle d’une quarantaine de jeunes.
Prévu pour héberger une vingtaine de personnes, l’établissement a été installé dans une belle bâtisse de 1 000 m² de cette commune de l’Est toulousain. Problème, les importants travaux de rénovation et la construction de cinq ateliers d’une surface de 230 m² ont été réalisés avant la validation du permis de construire par la municipalité.
Une mairie impuissante
Informée du lancement du chantier, la mairie de Pin-Balma a demandé par deux fois à l’association de se mettre en conformité, dès février 2022. « Je leur ai expliqué qu’ils devaient arrêter ce qu’ils faisaient parce qu’ils n’étaient pas en mesure de présenter un permis de construire, relate Claude Cyprien, l’adjoint à l’Urbanisme de la commune. J’ai dû y retourner deux semaines plus tard avec le maire pour leur dire que si les travaux continuaient, je serais obligé de le faire constater par huissier. »
Suite à ce premier rappel à l’ordre, les travaux de construction des ateliers et de rénovation de l’édifice principal s’arrêtent momentanément… avant de reprendre durant l’été, sans que la situation n’ait été régularisée. Dépêché sur place pour surveiller la reprise du chantier, Claude Cyprien n’a pu que constater le passage en force et sa propre impuissance. « J’ai vu qu’ils continuaient les travaux. Je me suis dit que nous ne pouvions pas y faire grand-chose. Nous ne sommes qu’une commune de 900 habitants. S’ils continuaient, c’est qu’ils avaient des appuis. Je ne cherche pas à nous trouver des excuses, mais on nous a mis devant le fait accompli », déplore l’adjoint au maire.
Un risque d’amende élevé
Les travaux ont été achevés en décembre dernier, toujours en l’absence de permis de construire en bonne et due forme. Après avoir été deux fois refusé pour des raisons techniques, un permis a finalement été obtenu par l’Anras le 6 février dernier, soit près de deux mois après la fin des travaux. Faute de plainte de la mairie, l’Anras s’en tire à bon compte. Ce non-respect du code de l’urbanisme aurait pu lui valoir une amende s’élevant à 6 000 euros par m2 – soit 1,38 million d’euros au vu de la surface construite – et la destruction des parties édifiées.
Contactée par Mediacités, l’Anras plaide la bonne foi et la bonne cause. « Cela fait deux ans que nous avons rencontré la mairie pour ce projet. Il y a eu plusieurs mois d’échanges. Cela a été très long parce qu’on nous a demandé d’aller jusqu’à matérialiser un tilleul sur le plan. Cela fait perdre beaucoup de temps, explique Jérémie Trébel, le directeur du CEP Garona. Nous sommes une association à but non lucratif qui déploie un dispositif pour le conseil départemental. Il y a une urgence à laquelle il faut répondre. Donc nous avons voulu ouvrir l’établissement le plus rapidement possible. » Un peu court pour justifier d’aussi larges libertés prises avec la loi…
mardi 9 novembre 2021
vendredi 8 octobre 2021
mercredi 22 septembre 2021
IME Mathalin : dix collègues suspendus
lundi 20 septembre 2021
Grève à l'ITEP St François : nous avons besoin de tous nos collègues !
jeudi 27 mai 2021
Après le meurtre d'Audrey Adam : les travailleurs sociaux, «réceptacles d’une société qui va mal»
lundi 3 mai 2021
Précarité : le blues des travailleurs sociaux
Hausse des demandes, turnover important, effectifs réduits, travail de moins en moins axé vers l’accompagnement : depuis le premier confinement, les travailleurs sociaux évoquent une situation devenue «ingérable».
Un samedi matin à Champigny-sur-Marne, dans les locaux de l’association Claire amitié, qui vient en aide aux mères isolées et aux femmes précaires. Melissa (1), accompagnatrice d’insertion, a rendez-vous avec Sonia (1), mère célibataire avec 5 enfants à charge. La travailleuse sociale remplit un dossier pour sa demande de carte vitale et règle un problème de paiement de loyer. Sonia, originaire des Comores, ne maîtrise pas le français et ne peut réaliser aucune tâche administrative seule. Une heure plus tard, Melissa doit s’occuper d’une autre personne, elle se hâte. Sonia aura sa carte vitale, et le problème de loyer est réglé, mais Melissa n’est pas satisfaite. «Je n’aime pas créer de la dépendance chez les familles que j’assiste, mais avec le Covid, je n’ai plus le temps de les aider à être autonomes, de leur apprendre à remplir des papiers. Au lieu de les accompagner, je fais les choses à leur place.»
Dans cette crise sanitaire, le temps est un luxe dont les travailleurs sociaux manquent. Dans un contexte où le taux de pauvreté a bondi – le nombre de bénéficiaires du RSA a grimpé de 7,5 % au 31 décembre –, beaucoup de Français se sont retrouvés en difficulté. Dès le premier confinement, les services d’aides sociales ont dû gérer un flot de personnes venues solliciter des aides pour payer leur loyer, avoir des soins d’urgence ou du soutien psychologique. «Il y a eu de nombreux publics qu’on n’avait pas pour habitude de prendre en charge. Ça a été très compliqué» se souvient Caroline (1), accompagnatrice sociale au centre d’action sociale de la ville de Paris (CASVP), dans le XVIIe arrondissement.
«On priorise dans la priorité»
Dans ces conditions de travail infernales, les travailleurs sociaux réclament plus de moyens humains. Or de nombreux services voient leurs effectifs se réduire. «Beaucoup de nos collègues sont dans un sale état. Certains, détachés pour soutenir d’autres services saturés, sont partis au bout d’un mois car ils ne tiennent plus», explique Simon Le Coeur, permanent à la CGT du CASVP. Dans les Yvelines, la CGT du conseil départemental a alerté les élus dans une lettre ouverte, évoquant un «manque d’effectifs et la hausse des demandes». Il en résulte, dit la lettre, que de nombreux travailleurs sociaux dans le domaine de l’aide sociale à l’enfance (ASE) ont quitté leur poste pour cause de «conflit de valeurs, perte de sens du travail, manque de reconnaissance professionnelle, stress accru et épuisement professionnel», détaille la lettre. Le turnover est important : dans les colonnes du Parisien, le secrétaire général de la CGT du conseil départemental des Yvelines, Tristan Fournet, dénombrait mi-avril «150 départs pour 180 recrutements» dans l’ASE Yvelines depuis le début de l’année. «C’est comme ça dans tous les services, abonde Mélanie (1), assistante d’accueil dans un CASVP, du haut de ses sept années d’expérience. Dès qu’on voit des dysfonctionnements, il y a des vagues de départ et ceux qui restent rament.»
A Paris, Florence Pik, accompagnatrice sociale dans un service d’aide sociale à l’enfance depuis dix ans, n’y arrive plus. Elle prend en charge 95 personnes entre 18 et 21 ans, pour lesquelles elle propose une aide sociale globale – ouverture de droits, réinsertion dans le monde du travail, solution de logement. Une situation qu’elle estime «ingérable». «Quand on travaille avec des jeunes en rupture familiale, qui n’ont pas de famille et qui ont des besoins sociaux très importants, on priorise dans la priorité», raconte-t-elle, désemparée.
«De plus en plus d’administratif»
De surcroît, ces travailleurs sociaux assistent à la transformation de leurs actions avec «beaucoup moins de liens avec l’autre, d’aide qualitative, mais beaucoup plus de travail quantitatif», constate Mélanie. Cette transformation ne résulte pas uniquement de la crise sanitaire, puisque en 2015, la députée Brigitte Bourguignon, autrice d’un rapport sur le sujet, indiquait que le travail social est «de plus en plus associé à l’exécution de mesures administratives et de moins en moins à la créativité, à l’innovation et même à l’accompagnement». Une mutation que Florence Pik vit très mal. «Je passe mes journées à répondre au téléphone et à des mails. Et quand on rajoute le télétravail quelques jours par semaine, on voit tous les jours notre action glisser vers de plus en plus d’administratif et de moins en moins de travail social et de contact avec le public. Mon travail ne devrait pas se résumer à cela, je devrais passer plus de temps avec mes jeunes, pour mieux les comprendre et ainsi mieux les orienter.»
Pour Melissa, les premiers pénalisés par cette situation sont évidemment les publics qu’elle est censée aider. «Pour bien répondre aux besoins des personnes précaires, il faut apprendre à les connaître. Sans créer du lien, notre travail a moins de sens, pour moi mais aussi pour eux.»
(1) Les prénoms ont été changés.
mardi 6 avril 2021
«Les travailleurs sociaux sont enfermés avec leur mal-être»
Protection de l’enfance : «Les travailleurs sociaux sont enfermés avec leur mal-être»
lundi 5 avril 2021
"Graulhet : les ES espèrent une prime covid"
mercredi 17 mars 2021
Auch : l’EHPAD Saint-Dominique va être entièrement réhabilité
L’EHPAD Saint-Dominique d’Auch fait peau neuve. L’opération de
rénovation et de mise aux normes de sécurité et d’accessibilité devrait
s’achever en septembre 2022.
Les ouvriers longent la chapelle située au bout du jardin de l’Ehpad Saint-Dominique pour se rendre sur la zone de travaux. "Faire un chantier à côté d’un immeuble habité est une prouesse, il faut respecter la tranquillité des résidents", commente Christine Desclaux, directrice de la structure auscitaine.
L’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) a lancé une vaste opération de réhabilitation de ses locaux qui devrait s’achever en septembre 2022.
La congrégation de sœurs dominicaines, propriétaire des lieux, a contacté l’Association nationale de recherche et d’action solidaire (ANRAS) en 2017, afin de lui confier la gestion de la maison de retraite. "Pour des raisons financières, les bâtiments n’avaient pas été modernisés", explique la directrice. L’ANRAS signe alors un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) avec L’Agence régionale de santé (ARS) et le Conseil départemental du Gers. "Parmi les objectifs du CPOM avec les autorités de tarification, il y a une partie consacrée à l’investissement. C’est à ce titre que la rénovation a lieu", détaille Christine Desclaux. L’objectif du plan de 3,4 millions d’euros est de mettre l’Ehpad aux normes de sécurité et d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. "Ce qui se traduit par une simple hausse tarifaire de deux euros par jour pour les usagers, cela montre une bonne maîtrise du coût."
Les travaux ont débuté en septembre 2020, en présence de l’architecte Frédéric Airoldi et d’Alain Galy, président de l’ANRAS. "Il s’agit de la reconstruction totale du bâtiment où habitaient les sœurs. C’est la première des cinq phases, la plus longue, qui dure un an. Les chambres neuves seront plus grandes, avec des salles de bains adaptées. Sur les 22, dix seront dotées de rails pour assurer la mobilité depuis le lit", détaille la responsable.
Une rénovation en 5 phases
Au rez-de-chaussée, seront transférés la salle de restauration et les vestiaires du personnel. Ces derniers seront directement accessibles depuis l’entrée. Une façon de renforcer les mesures d’hygiène et d’éviter la propagation du virus : "Ils se changeront de suite." Trois salons seront créés au deuxième étage, "avec un balcon pour que les pompiers pénètrent rapidement dans l’immeuble".
Les quatre étapes suivantes s’étaleront chacune sur trois à sept mois. Les chambres actuelles, situées dans l’autre aile de l’Ehpad, seront mises aux normes pour les personnes à mobilité réduite. "On a un public avec des pathologies de plus en plus lourdes. Il faut du matériel et des logements adaptés." Une salle d’activités sera ensuite créée. "Aujourd’hui, les animations ont lieu dans la Rotonde. Cette dernière sera réaffectée au service des repas pour les résidents les plus dépendants", anticipe Christine Desclaux.
Les deux accès à l’établissement, rue Rouget-de-Lisle et rue de la Somme, seront réorganisés. Les services administratifs seront enfin installés au niveau de l’espace de restauration actuel. À la place des bureaux, un salon de coiffure et d’esthétique et une pièce dédiée à l’animatrice seront construits.
Un bouleversement et une amélioration de confort pour les cinq sœurs encore vivantes qui ont connu l’établissement à l’époque où les moniales accueillaient les personnes nécessiteuses pour des séjours plus ou moins longs et où elles recevaient les malades dans une salle de soins. Les religieuses, dont l’âge moyen s’élève à 90 ans, et les résidents devraient découvrir le résultat de cette renaissance en septembre 2022.
mercredi 16 décembre 2020
jeudi 19 novembre 2020
"Pièces à conviction". Covid-19 : que se passe-t-il vraiment dans les Ehpad ?
[Message Original - 19/11]
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Plus de 15 000 résidents d'Etablissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes sont morts du Covid-19, dans leur Ehpad ou après leur transfert à l'hôpital ; c’est presque une victime sur deux de la pandémie entre mars et juillet 2020. Dans de nombreux établissements, l’irruption du virus a tourné à l’hécatombe : 20 morts à Buzançais dans l’Indre, 27 à Cornimont dans les Vosges, 40 à Mougins dans les Alpes-Maritimes… La maladie a frappé sans distinction : les Ehpad publics comme ceux appartenant à de grands groupes privés ont été touchés de plein fouet.
Catherine voudrait comprendre pourquoi Georges, son père, est mort du coronavirus Covid-19 dans son Ehpad. Olivia se demande comment Hermine, sa grand-mère, l’a attrapé. Nathalie cherche à savoir dans quelles conditions est morte Georgette, sa mère…
L’enquête de "Pièces à conviction" révèle que pendant le premier confinement, au printemps 2020, l’ensemble de la prise en charge des résidents d’Ehpad pose question. La plupart des établissements n’ont pas été équipés en masques de protection avant la fin mars. Les tests ont longtemps été limités à trois par maison de retraite. Certains établissements ont même placé des résidents dans une "unité Covid" sans même les tester au préalable.
Alors que leur état se dégradait, un certain nombre de malades ont été tardivement pris en charge par les services de secours débordés. A leur arrivée à l’hôpital, certains malades âgés n’ont pas été admis en soins intensifs car ils n’étaient pas prioritaires. Plusieurs médecins le confirment : il y a bien eu un tri des entrants à l’hôpital au détriment des pensionnaires des Ehpad. Certains établissements se sont murés dans le silence. Des familles sont restées plusieurs jours dans l’angoisse, sans nouvelles de leur proche, et sans aucune information sur leur état de santé.
Pourtant, partout en France, des soignants se sont battus pour trouver des solutions. Jusqu’à se confiner pendant plusieurs semaines avec leurs résidents pour éviter de faire entrer le virus dans leurs établissements.
Xavier Deleu et Julie Pichot ont enquêté pendant six mois. Ils ont filmé dans plusieurs maisons de retraite, ont rencontré les familles et des soignants en Ehpad, ont interrogé des médecins hospitaliers et remonté la chaîne des responsabilités jusqu’aux Agences régionales de santé et au ministère de la Santé. Alors que la pandémie de Covid-19 reprend de plus belle, les Ehpad sont-ils enfin prêts à faire face ?
Un documentaire réalisé par Xavier Deleu et Julie Pichot, produit par CAT & Cie avec la participation de France.tv.
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