Retrouvez l'accord CSE en cliquant ici
La protection de l’enfance permet-elle de s’affranchir des règles élémentaires d’urbanisme ? Pour l’Anras, oui ! L'association nationale de recherche et d’action solidaire a ouvert, fin 2022, un centre éducatif et professionnel – le CEP Garonna – à Pin-Balma pour favoriser l’insertion professionnelle d’une quarantaine de jeunes.
Prévu pour héberger une vingtaine de personnes, l’établissement a été installé dans une belle bâtisse de 1 000 m² de cette commune de l’Est toulousain. Problème, les importants travaux de rénovation et la construction de cinq ateliers d’une surface de 230 m² ont été réalisés avant la validation du permis de construire par la municipalité.
Une mairie impuissante
Informée du lancement du chantier, la mairie de Pin-Balma a demandé par deux fois à l’association de se mettre en conformité, dès février 2022. « Je leur ai expliqué qu’ils devaient arrêter ce qu’ils faisaient parce qu’ils n’étaient pas en mesure de présenter un permis de construire, relate Claude Cyprien, l’adjoint à l’Urbanisme de la commune. J’ai dû y retourner deux semaines plus tard avec le maire pour leur dire que si les travaux continuaient, je serais obligé de le faire constater par huissier. »
Suite à ce premier rappel à l’ordre, les travaux de construction des ateliers et de rénovation de l’édifice principal s’arrêtent momentanément… avant de reprendre durant l’été, sans que la situation n’ait été régularisée. Dépêché sur place pour surveiller la reprise du chantier, Claude Cyprien n’a pu que constater le passage en force et sa propre impuissance. « J’ai vu qu’ils continuaient les travaux. Je me suis dit que nous ne pouvions pas y faire grand-chose. Nous ne sommes qu’une commune de 900 habitants. S’ils continuaient, c’est qu’ils avaient des appuis. Je ne cherche pas à nous trouver des excuses, mais on nous a mis devant le fait accompli », déplore l’adjoint au maire.
Un risque d’amende élevé
Les travaux ont été achevés en décembre dernier, toujours en l’absence de permis de construire en bonne et due forme. Après avoir été deux fois refusé pour des raisons techniques, un permis a finalement été obtenu par l’Anras le 6 février dernier, soit près de deux mois après la fin des travaux. Faute de plainte de la mairie, l’Anras s’en tire à bon compte. Ce non-respect du code de l’urbanisme aurait pu lui valoir une amende s’élevant à 6 000 euros par m2 – soit 1,38 million d’euros au vu de la surface construite – et la destruction des parties édifiées.
Contactée par Mediacités, l’Anras plaide la bonne foi et la bonne cause. « Cela fait deux ans que nous avons rencontré la mairie pour ce projet. Il y a eu plusieurs mois d’échanges. Cela a été très long parce qu’on nous a demandé d’aller jusqu’à matérialiser un tilleul sur le plan. Cela fait perdre beaucoup de temps, explique Jérémie Trébel, le directeur du CEP Garona. Nous sommes une association à but non lucratif qui déploie un dispositif pour le conseil départemental. Il y a une urgence à laquelle il faut répondre. Donc nous avons voulu ouvrir l’établissement le plus rapidement possible. » Un peu court pour justifier d’aussi larges libertés prises avec la loi…
Article tiré du site de Dubasque
Discrètement, mais avec une certaine efficacité, les personnes qui ont obtenu le statut de réfugié en France peuvent accéder depuis quelques mois à des dizaines de services qu’ils soient sociaux, professionnels, collaboratifs ou encore communautaires. Il leur suffit pour cela de disposer d’un smartphone ou d’un ordinateur et de télécharger une application : Refugies.info Et nous avons là ce qu’un outil numérique peut apporter de meilleur pour permettre à une personne ou une famille d’accéder à un grand nombre d’informations utiles llui permettant de construire sa vie en France.
J’ai rencontré deux des fondateurs de cette application. Elle pourrait être un modèle pour les plateformes des administrations telles la CAF ou l’assurance maladie pour ne citer qu’eux.
Premier bon point, le code source de l’application est ouvert. Elle est issue d’un travail collaboratif de programmeurs issus du monde du logiciel libre. Elle est entièrement centrée sur les besoins des réfugiés et propose dès son ouverture la possibilité de l’afficher dans la langue de son choix. Elle permet à celles et ceux qui ne savent pas lire d’écouter ce qui est écrit. (seulement sur la version web, et bientôt sur l’application).
À y regarder de plus près cette plateforme en ligne est un véritable portail d’information collaboratif, car il est ouvert en plusieurs directions. Il a été créé par la Délégation interministérielle à l’accueil et l’intégration des réfugiés et développé par la Mednum. C’est du bel ouvrage comme l’explique Nour Allazkani. Il fait partie de l’équipe qui a construit cet outil. Étant lui-même ancien réfugié, il sait combien il est difficile de perdre ses repères et de s’en construire de nouveaux. « C’est une vraie galère pour trouver la bonne information pour engager des démarches ou se former et chercher du travail » explique-t-il.
La navigation est simple, le langage utilisé est celui de la vie courante. Pas besoin de se prendre la tête dans un menu complexe. L’application utilise la géolocalisation afin d’apporter toutes les informations nécessaires autour de soi. (Bravo au designer Hugo Stéphan !)
À le tester vous pourrez mesurer l’ampleur des services proposés et le travail qu’il représente. Précisons aussi qu’il n’est pas nécessaire de s’identifier ou de s’inscrire pour utiliser le service. La confidentialité des personnes qui le consultent est assurée, car hormis l’acceptation ou non des cookies, rien ne vient collecter de données autres que celles qui sont déjà inscrites.
Ce portail ne se limite pas à transmettre des informations, il est construit de telle façon que ceux qui agissent sur le terrain puissent alimenter la base de données. Réfugiés.info est collaboratif. Tout le monde peut participer. La plateforme est alimentée directement par les acteurs associatifs, les bénévoles et les intervenants sociaux mobilisés au quotidien pour accompagner les personnes réfugiées.
Les informations sont traduites et proposées dans 6 langues différentes afin d’en faciliter la compréhension (anglais, arabe, pachto…). La traduction des informations proposées sur la plateforme s’effectue via une communauté engagée de traducteurs.
Il vous est proposé de contribuer à l’enrichissement du site en rédigeant vous-même de nouvelles fiches, comme sur Wikipédia. Si vous connaissez des initiatives favorisant l’intégration des personnes réfugiées ou participez à des actions ouvertes à l’intégration des étrangers en France, ce site est fait pour vous. Vous apporterez une aide directe aux personnes concernées via le système de géolocalisation.
La plateforme a aussi pour objectif de renforcer son ancrage territorial. Si un moteur de recherche permet désormais de filtrer les fiches et dispositifs géographiquement, il s’agit également de mobiliser les acteurs locaux dans la rédaction de contenu pour Réfugiés.info. Deux territoires sont particulièrement présents sur la plateforme : le territoire de la Côte-d’Or et la métropole de Grenoble qui sont désormais ambassadeurs. Les contributeurs locaux travaillent activement à recenser l’ensemble des dispositifs présents dans leur territoire et créent les fiches correspondantes sur la plateforme. Il faudrait que les autres Départements ou agglomérations s’intéressent à ce projet
Franchement on aimerait que ce type d’application existe pour toute la population vivant en France et pas uniquement pour les réfugiés. (Si elle existe déjà prévenez-moi). En tout cas les administrations ont là un modèle ergonomique de communication tourné vers l’usager, respectueuse de la confidentialité tout en étant facile à lire et à comprendre.
Vous êtes invité(e) à rejoindre la communauté des co-constructeurs de Réfugies.info (cliquez sur le lien)